Congrès 2011 Résumé

Le congrès annuel de la Société française de podologie (Sofpod) a eu lieu le 12 mars dernier à l’université de médecine des Saints-Pères. Cette journée scientifique avait pour thème “la marche”.

Les travaux présentés lors de la Journée scientifique de la Sofpod 2011 concernaient, entre autres, l’analyse quantifiée de la marche, des travaux sur plateforme reliée à un système expert ayant pour but une classification biomécanique des pathologies du pied et de la cheville, la genèse de l’hallux valgus, les prothèses du membre inférieur et la rééducation par la “marche portante”.

L’analyse “quantifiée” de la marche

L’analyse “quantifiée” de la marche (par opposition à “observationnelle”) s’intéresse aux paramètres spatio-temporels, c’est-à-dire à la cinématique (possible grâce à l’électromyogramme – EMG), à l’étude des pressions plantaires, et à la consommation d’énergie. Comme l’a rappelé le Dr Presedo, la phase d’appui représente 60 % du cycle de marche tandis que la phase aérienne ou oscillante représente 40 %.

La marche se décompose en 3 phases principales. À l’attaque du pas par le talon, le quadriceps est sollicité, le soléaire freine par l’avancée du tibia, la hanche diminue sa flexion tandis que le genou se fléchit plus. En milieu d’appui, les 2 membres inférieurs sont côte à côte, la hanche augmente son extension, le genou se place en extension, on note une flexion dorsale de la cheville. Lors de la phase de pré-oscillation, les jumeaux se contractent. En fin d’appui, la hanche se place en extension et le genou est fléchi de 5°. L’attaque du pas se fait sur le bord postéro-externe du calcanéus et on note un angle de Fick de 12 à 15°. L’amortissement est possible grâce au capiton plantaire tant au niveau du calcanéus que de l’avant-pied.

Travaux sur plateforme équipée d’un système expert

Le docteur Ferre, chirurgien, a fait part de ses travaux sur une plateforme reliée à un logiciel expert ayant pour but une classification biomécanique des pathologies du pied et de la cheville, en faisant la part belle à l’intégrale temps dans la marche.

Dans la phase aérienne, l’individu avance grâce à la transmission de la quantité de mouvements du choc talonnier. Seuls les muscles releveurs travaillent pour que le gros orteil ne bute pas au sol. Les pressions transmises par les muscles de la jambe sont ensuite réparties au pied lors de la prise de contact au sol. L’avant-pied produit une force oblique en haut et en avant, mais, pour bien marcher, il faut une synergie entre les métatarsiens et les orteils. En fin de pas, le gros orteil se place en flexion dorsale et les sésamoïdes sortent de leur gouttière. Le premier rayon assure la stabilité en rotation.

L’explication de la déformation en hallux valgus est intimement liée à un problème au niveau des sésamoïdes.

Le docteur Ferre note beaucoup de pathologies du jambier antérieur et des atteintes du spring ligament dans le pied plat.

Genèse de l’hallux valgus

Le muscle le plus important dans la stabilité du premier rayon à la marche est le long fléchisseur du gros orteil. Trois pivots sont essentiels lors du déroulement du pas, le calcanéus, l’articulation cunéo-cuboïdienne et la tête du premier métatarsien. Les extenseurs ont un rôle transitoire de muscles excentriques. Les fléchisseurs sont fondamentaux. Quand la marche est pathologique, même avec la première articulation métatarsophalangienne bien axée, deux vecteurs interviennent :

– un vecteur vertical qui va induire une hypertrophie pulpaire et des pathologies d’ongles incarnés fréquentes ;

– un vecteur horizontal qui, en coaptant de manière anormale la première articulation métatarsophalangienne, va créer des contraintes responsables, entre autres, d’arthrose et d’hallux rigidus.

Le déroulement du pas, le pied au sol, répond au système de Newton. Le choc talonnier est important à évaluer pour déterminer la pathologie de l’arrière-pied.

Les prothèses des membres inférieurs

La prise du moulage reste fondamentale quelle que soit la technique utilisée pour la réalisation de la prothèse. Il est nécessaire de placer un bas de contention sur la partie du membre restant sans prothèse. Un manchon intermédiaire est réalisé. Le système d’accrochage est primordial : soit une gaine avec un pas de vis, soit un tube avec de la silicone. Le poids de la prothèse a été allégé en utilisant de la fibre de carbone ou du titane.

Pour remplacer l’articulation de genou, soit on installe un système hydraulique qui contrôle l’inertie de la prothèse, soit on installe une biellette qui permet de reculer le centre de pression.

Deux systèmes sont possibles au pied : une rotule au bout d’une tige ou deux lames de carbone qui restituent l’énergie pour les amputations transmétatarsiennes.

Quelques prototypes coûteux de genoux électroniques (approchant les 8 000 euros) sont réalisés en milieu hospitalier de rééducation. Ils permettent de contrôler la flexion du genou pour éviter la chute dans les escaliers. Ce système fonctionne avec des piles. Le patient marche à 4-5 km/h en terrain plat. Plus lourd que les autres types de prothèses, ce système n’est posé que sur des individus jeunes.

Rééduquer avec la “marche portante”

Après de longs mois de rééducation, Monsieur Lachant, ostéopathe, a réussi, grâce à sa technique de “marche portante”, à fluidifier et améliorer la marche d’un adolescent souffrant des séquelles d’une hémiplégie infantile.

La “marche portante” est une technique qui consiste, à partir d’une propulsion du pied arrière plus importante, à forcer un découpage des étapes de marche. Il a ensuite réussi à fluidifier la marche en levant partiellement certaines spasticités avec un biais neurologique bien connu : l’enfant serre, à un instant précis du cycle de marche, un objet dans une main, ce geste recrute un certain nombre de fibres nerveuses liées à la commande volontaire et libère partiellement certains muscles spastiques de l’afférence responsable de la saturation de l’influx nerveux.

Plusieurs conférences de ce congrès de la Sofpod seront publiées dans leur intégralité dans les prochains numéros de la Revue du podologue.

Congrès 2011 Programme

 

Accédez aux vidéos des interventions en cliquant sur les liens correspondants

 

Congrès National de la SOFPOD -12 mars 2011

"LA MARCHE"

 

8h30 : Accueil des participants.

9h00 : Allocution du Président de la SOFPOD.

Philippe Souchet, Chirurgien Orthopédiste - Paris

9h15 : Analyse quantifiée de la marche : hanche, genou et cheville.

ANA PRESEDO, Chirurgien Orthopédiste - Paris

9h45 : Anatomie et biomécanique du pied lors de la marche physiologique et pathologique.

JEAN-MICHEL SAMPER, Podologue - Paris

10 h10 : Dysfonctions musculaires au cours de la marche et genèse de l'hallux valgus.

JEAN-PIERRE MORTIER, Chirurgien Orthopédiste - Paris

PAUSE

10h50 : Les nouveautés en prothèse.

PASCAL CHARPENTIER, Médecin de Médecine physique et de réadaptation - Coubert

 

11h15 : Evaluation par l’Analyse Quantifiée de la Marche de la correction podologique de la stratégie de hanche d’un sujet ayant eu une fracture du calcaneus.

THOMAS BREARD, Podologue - Poitiers

11h35 : Questions


11h40 Introduction aux plate formes dynamométriques dans l'analyse de la marche

Docteur Y. Mazas

 

11h50 : Remise du prix 2010 de la Revue du Podologue.

DEJEUNER

"COMMUNICATIONS LIBRES"

14h00 : Histoire naturelle de l’hallux valgus : de la mécanique au système expert.

BRUNO FERRE, Chirurgien Orthopédiste, IM2S, Monaco

 

14h10 Variations de l'angle calcanéo-jambier à la course

Monsieur B. Vie

 

14h20 : La marche portante : un nouveau concept pour la podologie.

JACQUES-ALAIN LACHANT, Ostéopathe D.O.M.R.O - Paris

14h40 : Prévention des plaies de pied diabétique : fiche de conseils personnalisée.

NATHALIE EVEN, Podologue - Serris

PAUSE

15h30 : Présentations des articles lauréats de la Revue du Podologue Elsevier

16h00 : Questions

16h30 : ASSEMBLEE GENERALE (réservée aux membres de la SOFPOD)