Soirée Le Morton Résumé

Soixante-cinq chirurgiens, médecins, podologues et étudiants ont participé à la soirée organisée par la Société Fran-çaise de Podologie le mardi 10 mai 2011 au sein de l’Hôpital Robert Debré à Paris.

 

La qualité des intervenants, la cohérence et la complémentarité de leurs exposés a permis d’actualiser et d’approfon-dir les connaissances de chacun.

 


Le premier conférencier, Philippe Monthéard, podologue, a réveillé nos consciences de praticiens, parfois endormies par la routine d’un motif de consultation très fréquent. Il nous rappelle que l’examen pal-patoire reste fondamental et nous propose de reconsidérer le Morton comme une pathologie régionale, manifestation aigüe d’un désordre chronique de l’avant-pied.

Si Philippe Monthéard insiste sur l’intérêt de la podométrie, il rappelle que l’inspection articulaire des métatarso-phalangiennes est essentiel-le , notamment celle du deuxième rayon, plus exposée car elle ne peut fuir l’appui. Souvent diluée dans la douleur irradiante du Morton, une instabilité dorso-plantaire ou latérale, le plus souvent passé inaperçue en phase de début, évolue potentiellement vers la subluxation ou la luxation.

A souligner l’importance de la clinique qui garde sa place aux côtés de l’échographie, de l’IRM et de l’EMG.

 


L’orateur suivant, le docteur Wilfrid Graff, chirurgien orthopédiste, a maintenu notre état de vigilance avec son titre pour le moins percutant : « Névrome de Morton, diagnostic poubelle ?». Si Morton eut pu s’appeler Civinini (découvreur officieux en 1835), il n’en demeure pas moins une pathologie d’origine probablement mécanique, aux signes cliniques plus ou moins présents.

Le syndrome de Morton est un syndrome canalaire, le nerf fibrosé étant comprimé entre les têtes métatarsiennes laté-ralement, le ligament inter métatarsien en dorsal et le sol en plantaire. Wilfrid Graff a passé en revue les traitements conservateurs qui soulagent tout de même 50% des patients. Pour les autres cas, le traitement chirurgical (neurolyse/résection du nerf) donne 80 à 90% de bons résultats.

 

Ensuite, Yann Leguen a présenté son expérience de podologue. Il a précisé que la douleur liée au syndrome de Morton peut être noctur-ne si elle est ancienne. De même, il mentionne que l’examen palpa-toire de l’avant-pied peut mettre en évidence des blocages que l’os-téopathe peut libérer pour accompagner l’effet des orthèses plantai-res.

 

La soirée s’est terminée avec l’intervention du docteur Clément Pra-del, radiologue, qui a insisté sur l’importance du diagnostic, dont dépend l’efficacité du traitement mis en oeuvre. Le résultat des exa-mens complémentaires modifie dans 57% des cas la prise en charge thérapeutique !

Si la radiographie des avant-pieds est un préalable indispensable, l’IRM ou l’échographie sont nécessaires après échec du traitement médical et en bilan pré opératoire. Nous avons appris que 30% des Morton seraient asymptoma-tiques (ne seraient douloureux que ceux dont la taille excèderait 5 mm).

 

A noter que les soirées scientifiques sont gratuites pour les membres de la SOFPOD à jour de cotisation.